Chenilles processionnaires : les dangers

La mauvaise réputation des chenilles processionnaires n’est pas usurpée. Leurs corps sont couverts de poils urticants et allergisants. Elles constituent un vrai danger pour les humains comme pour les animaux. Sachez reconnaître la chenille processionnaire pour mieux vous en prémunir et protéger votre famille.

Comment identifier les chenilles processionnaires ?

Vous allez les reconnaître à leur mode de déplacement en file indienne lorsqu’elles quittent leur cocon pour aller se nourrir. D’où leur nom de chenilles processionnaires ! Elles se touchent l’une l’autre en longue procession le long des branches et du tronc d’arbre sur lequel elles ont élues domicile.

Les cocons, qui abritent une centaine d’individus, sont très visibles dans les branches. Assez lâches lorsque les larves sont jeunes, ils deviennent de plus en plus denses au fur et à mesure que les chenilles grossissent. 

Où vivent les chenilles processionnaires ?

Le changement climatique ayant tendance à élargir leurs zones de répartition, les chenilles processionnaires se rencontrent dans presque toutes les régions de France.

Vous trouvez deux espèces de chenilles processionnaires : 

  • La chenille processionnaire du chêne (Thaumetopoea processionea). De couleur gris argenté, elle possède de longs poils et des touffes de poils microscopiques très urticants. La femelle pond ses œufs sur les chênes à feuilles caduques ou, éventuellement sur un arbre ou un arbuste environnant. 
    La chenille processionnaire du chêne est urticante d’avril à juin.
  • La chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa). De couleur brune noirâtre avec des taches rougeâtres et la face ventrale jaune, elle est couverte de poils urticants. A la fin de son évolution, elle descend de l’arbre pour s’enfouir dans le sol. La femelle pond ses œufs dans les différentes espèces de pins ou, éventuellement dans un sapin ou un cèdre.
    La chenille processionnaire du pin est urticante d’octobre à mars.

Le mode de vie d'une chenille processionnaire

La chenille processionnaire est la larve d’un papillon de nuit grisâtre, très discret, d’environ 4 cm d’envergure et qui ne vit que quelques jours. Juste le temps de se reproduire… Après l’accouplement, la femelle pond ses œufs sur les rameaux d’un chêne ou d’un pin. 

En quelques mois, la chenille passe de quelques millimètres de long à 4 cm lors de sa dernière mue. Son instinct grégaire la pousse à construire un grand cocon collectif et à se déplacer en bande pour se nourrir. 

Les dangers des chenilles processionnaires pour la végétation 

Bien que se nourrissant des feuilles des chênes ou des aiguilles des pins, les chenilles processionnaires n’entrainent généralement pas la mort de l’arbre qu’elles parasitent. Par contre, elles impactent négativement sa croissance et affaiblissent ses défenses immunitaires. D’autres ravageurs opportunistes peuvent profiter de cette faiblesse pour s’installer et entrainer des dégâts plus importants. C'est pourquoi il est souvent recommandé d'éliminer les chenilles processionnaires le plus tôt possible. 

Les dangers des chenilles processionnaires pour l’homme

Les poils des chenilles processionnaires sont fortement urticants et peuvent entrainer d’importantes réactions allergiques. Ils contiennent une protéine toxique la thaumétopoéine. Lorsque la chenille se sent agressée, si vous la touchez par exemple, les poils en se cassant libèrent la toxine. Ils sont également très volatils et s’accrochent à la peau, aux muqueuses, sur le linge, etc. 

Dans les heures qui suivent le contact, plusieurs types de symptômes peuvent apparaitre : 

  • Urticaire douloureux avec fortes démangeaisons au niveau du contact ou sur d’autres parties du corps. Les poils urticants se dispersant par grattage ou s’accrochant aux vêtements.
  • Conjonctivite et douleurs oculaires lorsque les poils entrent en contact avec les yeux.
  • Irritations des voies respiratoires avec éternuements, maux de gorge, gêne respiratoire, asthme. 
  • Choc anaphylactique avec un œdème de la bouche ou de la gorge, des difficultés à respirer, une baisse de la tension voire une perte de connaissance.

Quels sont les traitements en cas de contact avec des chenilles processionnaires ?

Avant de consulter un médecin :

  • commencez par retirer les vêtements en utilisant des gants ; les vêtements contaminés seront lavés à haute température pour éliminer les poils urticants ; 
  • si vous voyez des poils sur la peau, ne frottez surtout pas, en se cassant ils libéreraient la toxine ; prenez un papier collant pour les décrocher ;
  • lavez la zone infectée avec de l’eau et du savon ;
  • brossez les cheveux ;
  • en cas de contact avec les yeux, rincez à l’eau claire.

Dans tous les cas consultez un médecin et/ ou un ophtalmologiste qui en fonction des symptômes observés vous prescrira le traitement adéquat (antihistaminique , corticoïde, etc).

En cas de difficultés respiratoires, de difficulté à déglutir ou de malaise allez sans tarder au service des urgences le plus proche. 

Les dangers des chenilles processionnaires pour les animaux de compagnie

Les chenilles processionnaires sont aussi un danger pour les chiens et un danger pour les chats qu’il ne faut pas sous-estimer. 

Intrigué par cette longue procession de chenilles, votre animal peut les toucher avec son museau. Les poils urticants vont libérer leur toxine dans sa bouche. S’il les touche avec ses pattes, en se léchant, il va également récupérer des poils urticants dans la bouche et il peut même en avaler. Les lésions provoquées par la toxine sont douloureuses et peuvent entrainer une nécrose de la langue ou des muqueuses qui empêche l’animal de se nourrir.

Avant de consulter votre vétérinaire, lavez la bouche de votre animal avec de l’eau claire sans frotter pour ne pas briser les poils urticants.

Bon à savoir : Pour éliminer des chenilles processionnaires, protégez-vous.
Ne touchez jamais des chenilles processionnaires à mains nues, sans masque à cartouche filtrante ni combinaison de protection couvrant tout le corps. Même lorsque la chenille est morte, ses poils restent urticants. Et même dans les nids vides il reste des poils urticants qui s’envolent facilement. 

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